❚ A.Midal, “Introduction à l’histoire d’une discipline”

LECTURE Alexandra Midal. Introduction à l’histoire d’une discipline.
Notes et idées retenues.

Période Arts & Crafts Ruskin/Morris.
Idée métonimique de l’objet d’usage comme reflet des valeurs de la société tant dans sa facture que dans le mode de vie qu’il sous-tend. Ce qui par la suite sera compris comme évident dans toute démarche de design est à ce moment une démarche nouvelle. Pourquoi?
Quelle est l’originalité et l’impact de la démarche des Arts & Crafts sur ce que va devenir le design par la suite? En quoi y a-t-il continuité ET rupture par rapport au chemin parcourru ensemble par l’art, l’architecture et l’artisanat d’art jusqu’alors?
Un pont se crée entre l’amont des objets (leur fabrication) et leur aval (ce qu’ils apportent en qualité à l’environnement quotidien). Valeur intrinsèque de l’objet fabriqué avec art et maitrise: il nécessairement vecteur d’un mieux être ou d’un «art et d’une maîtrise» du quotidien.
Le designer se dessine comme un personnage étrange: penseur visionnaire de son temps et porteur d’un projet à la fois esthétique et politique. C’est un intellectuel (il connaît l’art) et un homme engagé (il sait lire dans les mouvements de son époque). Intéressant de voir qu’il est celui qui capte et souhaite guérir le mal être de la société (ex: il voit la contradiction apportée dans les modes de vie par l’industrialisation galopante). Mais il capte et sent aussi quelles valeurs, quel dessein la société est en train d’accomplir en elle même.
CIT. «La réalisation d’un objet doit être suffisamment lisible pour permettre d’y déceler la volonté et l’honnêteté [ soit dit de son auteur, qui s’inspire des valeurs bonnes pour son temps ].»
Correspondances de Morris avec Engels et lecture de Marx.
Un positivisme régulateur? Le design dès le début manipule les contraires, il est dans la négociation, il cherche à rétablir l’équilibre, même si cela passe par des prises de parti radicales.  Et surtout il se construit et s’enrichit d’une vision du monde comme en crise, ou du moins en contradiction et en tension.

Article possible: ce qui se dessine pour le design au moment des Arts & Crafts, et la première formulation d’un noeud «évolution du monde / nécessité d’une nouvelle pratique». Se demander si ce questionnement n’a pas structuré tout le débat sur le design jusqu’à maintenant.
La question centrale du mémoire est comment le design s’empare des problématiques de son temps. Ici, ce qu’il peut être intéressant à analyser c’est comment le design s’approprie et transpose au champ de la création d’objets une problématique héritée de l’histoire de l’art qui est la scission entre l’art et le monde industriel. La problématique de la beauté utile (cf lecture de l’article de Jocelyne Leboeuf).

Question connexe: à partir de quand apparaît le personnage du méchant designer, ou «designer maudit»?
[ I.E. incompris par la société et bouc émissaires des angoisses de la modernité. ]
Le parallèle direct entre la construction du design en tant que discipline et l’élargissement du capitalisme consumériste devenant le modèle dominant place le designer dans une position de possible remise en cause de son honnêteté.
Voir comment opn passe du designer héros au designer maudit. Ces deux postures traduisent-elles justement un basculement dans la place qu’a occupé le design dans nos sociétés, ou ne sont elles pas constantes et insociables, une sorte de versatilité inhérente à cette pratique? Y a-t-il une différence entre la façon dont est perçu le design (rapport à l’histoire de l’art notamment) et la façon dont sont perçus les designers (surtout avec la “starisation” propre à la période actuelle)? Peut être une lecture intéressante à faire de l’être et mal-être du designer en fonction des places qu’a occupé le design dans nos sociétés. Ce qui en fait un bouc émissaire du bon comme du mauvais.
NPO question de base: en quoi cela a contribué à une construction du design?

Entre inquiétude et enthousiasme, l’utopie est la forme dans la quelle, très vite se réalise le mieux le design.
Design et fiction (science-fiction notamment) font très tôt route ensemble. Se demander cela est du à la pregnance des premiers designers que l’Histoire a retenu (W.Morris évidemment) et à leur familiarité avec l’utopie politique comme un espace d’épanouissement de la créativité. En effet il ce lien enre le design et la fiction peut paraître contradcitoire si l’on définit le périmètre d’action du design comme se limitant à la conception des objets. Si au contraire il apparaît dès le départ comme un projet sociétal qui prend forme dans un redessin du quotidien, l’utopie, la fiction systémique, prend son sens. Quasiment dès le départ (l’héritage de l’art à questionner) le design alimente le réel par ses créations mais alimente surtout une vision / un imaginaire du réel, si tangible et complet qu’il est crédible.  Peupler/ habiter le monde ou imaginer le monde dans lequel on pourrait habiter?
Ce qui est intéressant c’est de voir comment dès son apparition le design s’attache à donner à voir des «ailleurs meilleurs» ou «ailleurs souhaitables» que ça soit en puisant ses références dans le passé (arts&crafts) avec un modèle qui est en fait hérité de l’art à l’époque (très nostalgique du passé); soit plus tard dans le futur. Circulation constante entre des mondes qui n’existent pas et avec lesquels le design négocient pour mettre en tension le monde présent par ses créations.

CIT. «Qu’il sagisse du cinéma ou du design, le dialogue entre le présent et le futur, la projection dans un continuum temporel dont le mode de prédiction constitue une disposition de la modernité, prend son sens avec le 1° mouvement américain du design industriel.»

La question qu’on peut se poser c’est se demander si ce travail de l’imaginaire s’effectue réellement dans un continuum temporel (c’est à dire que le design superpose au monde actuel un imaginaire historique, fait plus ou moins du passé et de l’avenir manipulés fluidement dans la construction d’un monde fictionnel), ou s’il ne s’effectue pas par réaction avec le monde présent. L’idée d’un mode de fabrication de la fiction (ou de l’imaginaire) propre au design fait-il sens? Il faut évidemment regarder le lien entre le design et la science fiction dans d’autres domaines (cinéma et littérature).
Peut être le point original est cette négociation entre l’inquiétude et l’enthousiasme, que le design articule sans se prononcer dans des productions. Des objets qui contiennent cette contradiction. Aujourd’hui nous sommes friands de ces objets «à débat» car ils alimentent la controverse: objets conçus pour esquisser un futur possible (voir dans le champ de la robotique) et nous nous faire nous prononcer sur sa désirabilité? Qu’en était-il dans les années 30?

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